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Ecrit par Joe en aout / septembre 2002, pendant la première tournée japonaise d'ISCARIOTE, en compagnie d'ENVY.
Jeudi 15 août : Le grand départ... Nous avons rendez-vous à la gare d'Yverdon, notre vol pour Tokyo partant depuis Zurich. 2 heures de voyage jusqu'à la gare de l'aéroport. Nous avons un peu d'appréhension concernant le check-in des bagages. Et en effet, nous avons raison d'aller 2 heures en avance, car l'agence de voyage n'a pas transmis à SWISS que nous sommes avec des instruments de musique. Alors que le deal avec l'agence était qu'ils seraient pris en charge en business classe, l'hôtesse de sol nous dit que celle-ci est pleine et que ce ne sera pas possible, que les instruments seront dans la soute. Après une demi-heure de discussions et de menaces avec la Suisse Allemande élevée dans les jeunesses hitlériennes, pour tenter de lui faire comprendre que les instrus ne supporteront pas les températures (parfois jusqu'à -50°C...), nous allons trouver Gino Gino
est un petit italien, vieux et malin, qui doit s'occuper de l'acheminement
des bagages pour SWISS. Il a tout de suite compris notre problème,
a fait plein de petits gags et a sauvé la tournée: les
instruments voyageront dans un compartiment chauffé dans la
soute.
Dans un avion, tout est différent, le monde est à nos pieds, mais malgré tout, le Scorpion King est un film à chier. Diffusé dans un avion, c'est encore plus dur, étant donné qu'en levant les yeux, on ne voit que ça sur les 14 écrans qui prennent tout le champ de vision. L'hôtesse de l'air est un drôle de concept… Sensée détendre les passagers, son rôle se transforme en calvaire pour ceux-ci s'il se trouve qu'elle est aussi ravissante que celle qui s'occupe de nous. Nous comprenons que le voyage sera difficile et pour couper court à toute tentation, je décide de dormir.
Averti plusieurs fois que la douane et la police japonaises ne sont pas des plus tendre, nous avons été surpris de passer les contrôles sans encombres. Tetsu nous a dit qu'ils pourraient nous faire repartir sans sortir de l'aéroport s'ils supposaient que nous venions jouer pour de l'argent au Japon, mais nous n'avons même pas eu besoin d'ouvrir nos sacs, en disant que nous étions des étudiants venus jouer avec le prof. Ils ont même crû que Fafa était le prof Petit miracle, quand bien même les 5 jolies petites polonaises derrière nous ont dû le faire. Ceci
dit, nous avons quand même subit 3 fois le passage d'un chien
entre le moment où nous avons récupéré
nos affaires et le passage de la douane, soit 15 minutes maxi et
30
mètres tout au plus !
Samedi 17 Août : 400 Francs (suisse) dans le mall. Réveil vers 11 heures, et nous déjeunons dans le garage de Tetsu, qui nous servira de base pendant tout notre périple sur l'île; et nous partons pour les malls où nous allons passer 6 heures à dépenser Nous commençons par une section " Tout à 100 Yens " et achetons plein de verroterie pour nos autochtones. Nous sommes invités par la maman de Teuchi, le petit voisin de Tetsu. C'est un petit monstre adorable, qui nous a adoptés dès qu'il nous a vu, et qui a voulu nous faire visiter le mall. Un tour de grande roue avec lui, et nous avons fait son bonheur pour un mois.
La soirée est prévue avec Dai et Nobu, et nous allons manger dans un restaurant traditionnel, suchimi / algues / poisson et poulet pané / bières / saké. Nous parlons, mangeons et buvons beaucoup. C'est l'échange culturel dans toute sa splendeur, et nous quittons le resto, bourrés et heureux.
Dans
le bus, nous demandons à Dai s'ils vont de temps en temps dans
des clubs pour faire péter la fête, et il nous dit que
c'est quelque chose qu'ils ne font plus depuis qu'ils sont mariés
!!! Nous
rentrons nous coucher, mais vu que nous sommes passablement chauds,
voire cuits, nous continuons de boire dans le garage à Tetsu
en regardant la version japonaise du Top 40, avec délice !!
Dimanche 18 Août : Taifun !!! Nous
avons appris hier qu'un typhon devait toucher le Japon aujourd'hui,
mais il semble que ce ne soit qu'une petite pluie qui vienne nous
gâcher le soleil
C'est pas aujourd'hui que nous verrons
les Japonais volants, dommage. Nous rentrons pour une heure chez Tetsu avant d'aller de nouveau à Shinjuku, retrouver Tobi et visiter un magasin de gadgets complètement halluciné! Tobi débarque au milieu, et nous rencontrons par la même occasion la majeure partie des autres membres de son autre groupe : ORG, et nous allons manger avec eux dans une chtite gargotte sympathique. Beignets de poissons et de pommes de terre, seiches frites, frites sèches et bières achèvent de nous achever.
Un grand
éclat de rire parcourt la table quand nous comprenons qu'Envy
croient depuis l'année passée que Fafa est gay !! Il
passe un peu de temps à leur expliquer que non, et nous commençons
à parler de ce que nous aimons respectivement chez les femmes
et chez les hommes. La femme de Tobi, Sakiyo, et une autre fille,
Ay, nous traduisent plein de phrases super cool, et nous apprennent
que l'année prochaine leur premier album devrait sortir sur
Salvation et qu'une tournée européenne va peut-être
être planifiée
Nous nous quittons là-dessus
et retournons chez Tetsu, boire encore un peu et discuter de groupes.
Quand nous quittons le restaurant, nous sommes accueillis par le typhon,
qui nous montre de quoi il est capable en trempant tout le monde,
malgré les parapluies, et c'est bercés par le bruit
des trombes d'eaux qui nous tombent dessus que nous nous endormons
Lundi 19 août : Eliko Aujourd'hui (et pendant toute la semaine en fait) Tetsu doit travailler avec son père. Nous allons donc être " partagés " entre les différents membres d'Envy. Aujourd'hui, c'est Nobu qui s'en charge. Nous sommes déposés par Tetsu à la gare de tromé, et nous sortons à Shibuya, trouvons immédiatement Nobu et commençons la visite de Shibuya, mangeons dans un curry indien où nous sommes allés le premier jour, puis nous faisons quelques magasins de disques, et décidons d'aller voir un temple en banlieue.
Nous avons avant rendez-vous avec Eliko, une chatteuse que Fafa a rencontré sur le net. A la gare de Shibuya, nous attendons au milieu de la foule en matant une TV géante incrustée dans un immeuble, comme à Time Square, et je pense que nos têtes ont dû s'allonger d'un bon mètre quand elle est arrivée. Eliko est une jeune femme superbe, avec, ce jour là, une magnifique robe noire, de longues jambes et des yeux de biches. Elle souri très souvent, et ça lui illumine le visage ! Les premiers instants de stupéfaction dissipés, nous partons avec elle, pour ce temple, et Fafa n'est désormais plus dans le groupe, accaparé par sa discussion
Le temple
est magnifique, mais nous ne pouvons qu'en faire le tour jusqu'à
une sorte d'immense hôtel où est caché un bouddha,
puis nous nous purifions à l'encens, et allons tirer la chance
Nobu
se ramasse de la merde pour toute sa vie, et Mike le meilleur, tout
de bon, pour toute sa vie
Mardi 20 août : à nous les vagues !! Nous nous réveillons passablement tard, et nous partons directement pour Kamakura, au bord de l'océan. Nous allons d'abord voir un bouddah géant, et nous faisons plein de vux en jetant des pièces dans une grille. Puis nous allons visiter un temple, caché dans la montagne. La végétation est luxuriante, on ne voit pas à trois mètres, c'est la jungle. Nous jetons encore des pièces, plein de vux, et plein de photos
Puis nous partons pour la plage, et c'est le pied total, l'océan est splendide, le soleil est au grand beau, et nous folâtrons dans les vagues comme des gosses pendant plusieurs heures. C'est régénérant, génial.
Nous
rentrons ensuite sur Tokyo, et avons juste le temps de vider 2 whisky
avant de partir voir une répèt d'Envy. Le concept de
local de répète n'existe pas ici, tout étant
beaucoup trop cher, les groupes louent des locaux de répètes
équipés, des capsule-locaux, comme des capsule-hôtels
Nous allons ensuite manger un morceau avec les membres du groupe et
la copine à Naka. Elle est une star de J-Pop, mais elle est
très simple et très mignone
Mercredi 21 août : Laurent Smallstone.
Nous
nous réveillons très tard, trop en fait, et nous sommes
obligés de courir pour arriver au rendez-vous fixé avec
Laurent, un pote de suisse qui a fait la traversée en transsibérien,
depuis deux mois, et qui vient au Japon juste pour voir Iscariote
Berlin-Moscou-Irkoutsk-un petit détour par Ulan Bator, en Mongolie-Irkoutsk-Vladivostock
où il embarque sur un ferry pour le Japon. Nous avons rendez-vous
avec lui à Shybuya, et nous nous promenons dans la ville, puis
dans un joli parc au centre, où nous discutons et partageons
nos expériences avec lui. Nous nous quittons et allons manger
chez Tetsu ce que nous avons acheté dans un supermarché,
plus cher qu'au restaurant !!!
Jeudi 22 août : Shimokitazawa-Shelter Pour commencer ! Nous
partons de chez Tetsu pour nous rendre au Shelter, le premier club
où commence la tournée Envy-Iscariote-Japan Tour 2002.
Le club est tout petit - la Dolce sans le bar, en gros - et la scène
est recouverte d'un damier noir-blanc du plus bel effet. Fafa a beaucoup
entendu parler de cette salle, et il semble passablement impressionné
dans ce club qui a plus de 10 ans...
SEQUENCE PULSE ouvrent la marche avec un rock instrumental super doux, un peu dans la veine de TRISTEZA. La salle semble suspendue à leurs notes, mais n'applaudit pas et ça fait un peu peur aux garçons KIWIROLL viennent ensuite, avec un hardcore chaotique. Leurs constructions sont vraiment bizarres, difficiles à suivre, et le chanteur se contorsionne comme une vache folle, tombe, retombe...Hypnotisant.
ENVY assurent ensuite, avec un set compact et précis, très puissant. On sent le travail, la cohésion, mais aussi le plaisir qu'ils ont à jouer devant les Tokyoites, qui le leur rendent bien. Une trentaine de personnes se massent devant la scène, connaissant toutes les paroles par cur ! C'est impressionnant.
Fafa
et Eliko s'éclipsent pendant une heure, le temps pour lui de
la convaincre du bienfondé et de la profondeur de ses sentiments,
puis il revient juste pour nous dire qu'il va aller avec elle et nous
rejoindre le lendemain. Comme tout le monde est au courant, c'est
une ovation qui l'accueille quand il rentre dans le club. Le rouge
lui monte au visage, il bafouille 2-3 trucs et ressort la rejoindre.
Nous continuons à boire et à écouter Laurent
démontrer qu'il est lourd avec les meufs, avec Lauren. ("
Tu sais que tu ressembles beaucoup à une japonaise ? Mais non
Mais si ! Si tu te faisais opérer, si si, tire un peu tes yeux,
là, comme ça
"
"Ouais, ouais,
t'as l'air vachement jeune..Et bourrée aussi, ouais
Et
conne
") !!!
Vendredi 23 août : keskonrigôle !! (" Les niaks ont des gros tétons Les sucer, c'est comme bouffer un gros malabar ") La nuit passée, nous nous réveillons tous vers 13h00 avec l'entrée de Fafa qui nous apprend qu'il s'est fait piné, littéralement Et son sourire d'ailleurs, en dit long... Nous partons tous manger dans un resto, un steak pour le petit dèj', et nous allons faire quelques courses Nous rentrons chez Tetsu, je masse Fafa, et nous passons la suite de la soirée à discuter, écouter des disques, boire et rigoler On prend le temps de mater les vidéos de la tournée de l'année passée : LACK, ISCARIOTE, ENVY, YAPHET KOTTO On prépare nos affaires pour dégager demain. Je ne sais pas si c'est la tension ou la bouffe, mais Mike et moi ne dormons quasiment pas, et le réveil à 7h00 du mat' est très pénible.
Samedi 24 août : HEY AMERICAN !?!? Nagoya-Tight Rope Nous avons prévu de tous prendre une douche express avant de partir pour Nagoya, mais une surprise attend Mike dans la salle de bain des parents de Tetsu: un bain ! En europe, la conception du bain est passablement différente de celle des Japonais Ici, on se lave à côté, et on prend ensuite, tous, le même bain, l'un après l'autre. Ce n'est pas trop ce que nous voulons, mais nous avons un peu peur de brusquer la famille de Tetsu Après quelques hésitations, nous tirons l'eau et prenons une douche. On ne se refait pas, et nous serons propres pour la route. Nous rejoignons Envy à un arrêt de métro, et partons pour Nagoya, à environ 3 heures de route de Tokyo, que nous parcourons rapidement avec les 2 bus Toyota. Nous passons à côté du Fuji-Yama, mais à cause de la brume, c'est une montagne comme les autres, dont il manque la pointe si caractéristique, cachée dans les volutes Nous arrivons à Nagoya, et nous dénichons le club, niché au 4ème étage d'un immeuble, plein de clubs ( !) situé dans le quartier à putes - à voir les enseignes des bars alentour ( "Love Bar, L'Amour, J'aime, etc ") et les accoutrements des petites Philippines qui s'y balladent Envy expédient rapidement leurs check (20' !!) et, alors qu'Iscariote vont commencer, je me dis qu'une binch passerait somme toute pas si mal Je me mets alors à la recherche d'un distributeur ou d'un supermarché, mais les 4 premiers n'en vendent pas, et je finis par en trouver un mais trop loin. J'allume une clope, savoure trois gorgées et me rends compte que je me suis perdu à Nagoya !! Je commence à tourner en rond, en agrandissant les cercles, mais je ne trouve aucun repère Je commence gentiment à flipper quand je me fais brancher par un mec qui pose des stickers de photos de putes dans les cabines téléphoniques et sur les poteaux électriques "Hey, american ? " Je dis "No" et je dégage. 100 mètres plus loin ce sont 2 Philippines de moins de 18 ans qui me font " Hey american " ?? De nouveau, je lance un "no", sec, mais accompagné d'un sourire cette fois, mais avec l'angoisse qui me tarabuste de ne pas retrouver le club ce soir 100 mètres de plus, et un barbu me hèle depuis un balcon au troisième étage, et me lance, lui aussi, avec une voix de vieux Corleone.. : "HEY, AMERICAN !!?? " Là, j'ai franchement les boules, je ne dis rien et j'accélère à fond Je suis définitivement perdu, et toutes les rues se ressemblant, je tourne en rond pendant plus d'une ½ heure avant de reconnaître un parking devant lequel j'étais déjà passé, mais dans l'autre sens! Demi-tour, d'autres repères apparaissent, et je trouve le club après le check d'Iscariote, juste à temps pour les voir sortir pour bouffer. J'ai eu très chaud, et mon estomac restera noué jusqu'à la douche, mais ça c'est pour la suite. Nous
allons donc manger quelque chose et nous passons à côté
d'une place pleine de bruits, et comme il me semble apercevoir des
majorettes, je hurle le cri de ralliement de la tournée: "Checkez
les teens !!! ", qui est une des deux phrases dont Dai se souvient
parfaitement depuis l'année passée avec : "Je vais
te mettre le cul en étoile de sherif !! ", chaque fois
très juste, mais avec un accent extraordinaire. C'est ce qu'il
a dit à la fille sur la plage l'autre jour en lui expliquant,
quand elle a demandé, que ça signifiait : "You
are very cute
"
Tous morts de rire
Moi, j'assiste au concert d'ENVY, qui ne me semble pas être leur meilleur. Ils cassent des cordes, eux, cette fois, et me semblent tendu Je suis désolé pour eux, mais ils ne semblent pas spécialement dépités, peut-être est-ce normal après près de 300 concerts. Hé oui, nos amis sont des vétérans
Je vais ensuite chercher des bières à 4 francs (suisse !) au distributeur, moitié moins cher que dans le club, et je rate Nice View, le groupe de grind le plus connu du Japon, mais je ne m'en porte pas plus mal, semble-t-il, vu l'attrait que représente pour moi ce genre de musique, ce que j'avais déjà vérifié au sound-check. Nous subissons ensuite 2 autres groupes (Ils étaient 7 ce soir là...) de la scène de Nagoya, à voir les kids pogoter. Hardcore oldschool très classique, pardon aussi, mais c'est très peu pour moi. Comme le veut la coutume, nous allons ensuite au resto avec tous les groupes, et c'est là que je vais finir l'histoire commencée plus haut. Je ne sais pas si c'est le stress de m'être perdu, la mauvaise nuit d'avant, le voyage de 6 heures, le curry, les bières, bref, en rentrant dans le resto mon estomac se serre et je me sens au 36ème dessous pendant les heures qui suivent. Vu qu'il y avait 7 groupes, nous sommes presque 50 avec les filles qui sont venues, et tout le monde s'amuse beaucoup, sauf votre serviteur qui se demande s'il doit ou non aller se forcer à vomir. La bouffe s'amoncelle sur la table, mais la soupe que j'ai commandée, pensant que c'était la seule chose que je pouvais avaler, ne viendra jamais, et c'est en lambeaux que je prie Mike d'abréger mes souffrances en disant aux autres que je ne me sens pas bien. J'ai l'impression de casser la fête à Mike et à Dai qui viennent à l'hôtel avec moi, alors que les autres vont à 14 dormir chez l'organisateur. Nous avons un monstre bol, et nous passons une nuit extraordinaire, par rapport à celles que nous avons eues avant. (Pardon Tetsu c'est génial chez toi, et c'est le cur sur la main que tu nous accueilles, mais je dors mieux dans un lit que sur une natte sur le sol )
Dimanche 25 août: L'eau éléctrique !! (OSAKA: FANDANGO) Nous
nous réveillons vers 11hoo et attendons les autres avant de
partir pour Osaka. Le parcourt est plus court qu'hier, et nous arrivons
vers 15 heures dans le club. Les checks sont vite derrière
et nous partons manger quelque chose, ce qui n'est jamais simple ici.
Le végétarisme n'est pas compris, et généralement
les commandes non plus. Parfois, c'est une résultante de la
confusion entre notre traducteur (un membre d'Envy) et nous. Plus
sûrement, c'est l'extrême soin que les Japonais mettent
à tout compliquer qui en est la cause. 2 exemples, pour faire
simple: Nous désirons une soupe toute simple, avec des nouilles
dedans, mais ce n'est pas ce que nous recevons
Les nouilles simples
en soupe étant juste l'entrée, ils nous amènent
ensuite le plat principal. La facture est en conséquence et
la frustration de laisser les 2/3 des plats, est, je pense, pas nécessairement
explicable
Autre exemple: les 2 végétariens du
groupe spécifient à chaque fois qu'ils ne mangent que
des légumes, mais plusieurs fois, ils se sont retrouvés
avec, qui un bouillon à base de sauce de poisson, qui un uf
sur son riz, et toujours avec le sourire, genre voilà la spécialité
que vous vouliez, étranger ! Ce soir,
les concerts sont super bien, Iscariote faisant 2-3 grosses plantées,
même arrêtent un morceau, mais leur présence et
leur patate rendent l'exercice toujours impressionnant. Envy balancent
un très bon set et nous passons ensuite une monstre bonne soirée.
Nous
rencontrons un français expatrié, un pote d'un pote
à Fafa, qui vient de Strasbourg et qui s'occupe de gosses en
donnant des cours de français. Puis nous allons manger un truc
et nous sommes morts de rire en voyant les problèmes que pose
le fait de ne commander qu'un bol de riz, SANS RIEN D'AUTRE, S'ILS-VOUS-PLAÎT,
QUE DU RIZ !!! Envy sont morts de rire, et le patron fait une tête
pas possible, comme si on venait de lui dire que sa bouffe est dégueulasse
Nous partons ensuite pour la date suivante...
Lundi 26 août : OKAYAMA : PEPPERLAND Il fait
beau et extrêmement chaud quand nous arrivons au club. Iscariote
et Envy éjectent rapidement les checks et j'en profite pour
aller checker un internet café juste à côté.
Ce qui m'énervera prodigieusement, le webmaster ne conprenant
rien de ce que je lui dis. A IMD (Où je travaille, à
Lausanne), nous avons un serveur pour les mails, auquel j'accède
depuis n'importe quel point de la planète, en entrant 3 passwords.
Depuis le café, j'accède à la page, mais elle
ne me demande que 2 passwords et tous mes essais pour les trouver
se soldent par un échec
J'appelle à l'aide, mais
le type ne comprend pas que ce que je veux: utiliser une version d'internet
explorer en Anglais. Au lieu de changer les settings, il tape www.msn.com
et me dit voilà
Je lui explique, enfin je crois, mais
il ne comprend pas, et me renvoi sur le même site, mais en anglais,
tout fier. Quand je lui dis que ce n'est pas du tout ça, il
me regarde bizarrement et me demande si nous utilisons toujours les
lignes téléphoniques. Quand je lui dis que nous avons
des connections T1, il ne me croit pas! Il n'est pas concevable pour
lui qu'il existe autre chose de mieux que l'ADSL, que nous avions
à IMD il y a 3 ans, avec 3 générations de connections
depuis. Désolé, hein, mais bon, voilà, je checkerai
mes mails à Shybuya dans 3 jours.
ENVY jouent ensuite et balancent de nouveau un concert super bon, même si ce n'est pas leur avis. Ce soir, ils ont pas mal cassé (Naka et Tobi) et ils n'aiment pas trop ça, mais nous oui !!! C'est toujours super pro. Eux voient leurs défauts, mais pas nous
Je shoot depuis toutes les directions, et partout. Les gens moshent en ayant les yeux qui brillent. Même le connard de ricain que nous avons rencontré devant avant le concert. C'est une caricature de ce qui se fait de pire de l'autre côté du pacifique, et il arrive en 30 secondes à nous donner envie de le tuer : " You know this band, what kind of hardcore d'you play, you know this band, I saw them twice, I know them, been there, done this " avec l'attitude qui pue. Comment est-ce que ce genre de connard peut-il ne pas se rendre compte de tout ça?? J'espère qu'un Japonais cannibale le bouffera J'enchaîne une quinzaine de photos, et mon film se termine, je fonce au magasin le plus proche acheter de la peloche 3 fois plus cher qu'à Tokyo, et retourne dans la fosse. En regardant autour de moi, je me rends compte qu'il y a une platforme derrière moi, d'où je peux prendre 4-5 photos qui vont, j'espère, déchirer le cul de vos mamans. Alors que " plus que la chair " commence, qui doit normalement être le dernier morceau, je me dis que j'ai assez pris de photos, et je sors boire. J'ai pas fait une minute dehors que Nobu sort, mort de rire, et entre deux hoquets m'annonce : " Fafa naked ! Fafa naked ! ". Je cours dedans, bouscule tout le monde et ai juste le temps de prendre LA photo de cette tournée, où Fafa, recroquevillé en position ftale sur scène, entièrement nu, est en train de hurler : " donne-moi plus que la chair !!! "
Les Japs, les autres, moi, tout le monde est sur le cul ! C'est de la folie, cette soirée est hallucinante. Nous rangeons super vite, et partons dans un bistrot, finir la soirée à la japonaise, bouffe et alcool à gogo. En s'asseyant, Mike se retourne vers les deux filles à côté de lui, un peu grosses à lunettes, super timides et leur dit super sérieux : " ORENO POKOCHIN KOKUJIN MITAINE NACHATA " , ce qui en gros signifie : "Je bande comme un négro ". La tête des deux filles, rouges de honte et mortes de rire, est indescriptible. Le fou-rire qui s'est emparé de tout le monde aussi !!
Nous nous racontons tout plein de trucs à mourir de rire, sur la Suisse et les échanges cul-turels, puis nous partons chez CHIARU, dont les parents tiennent un hôtel traditionnel et qui nous invite ce soir là. Nous trippons de voir la manière dont nous sommes accueillis. Nous prenons d'abord une douche collective, puis un bain de groupe (J'espère que la photo sortira bien au développement !!)
et nous montons boire encore et manger des suchimis. Nous discutons encore avec nos hôtes et nous leur demandons de traduire nos noms, puis nous allons nous coucher.
Le réveil pour Mike et moi est particulièrement pénible. Nous sommes tellement nazes qu'il faudra des bains chauds pour nous permettre de sauver la face. Nous avons la joie de partager dans cet état le petit déjeuner traditionnel, qui consiste en nouilles, riz, uf cru, suchimis et thé vert, avec un bouillon. J'ai pas mal de peine, mais comme l'appétit vient en mangeant, je me force, et fini par vraiment apprécier. Nous emballons ensuite et partons nous refaire une santé dans des bains publics, beaucoup plus classe et moins électriques que les premiers. Il y a un petit bassin dehors, et nous y passons tous un bon moment, jusqu'à ce que Fafa aille checker la partie réservée aux femmes. Naka et Tetsu dégagent tout de suite quand ils comprennent ce qu'il fait, mais Fafa, lui, ne sait pas ! Malheureusement, ou heureusement, il n'y en a pas à ce moment là Nous rentrons ensuite sur Tokyo, à 9 heures de route. En arrivant, nous passons encore 3 heures, malgré l'heure tardive, à discuter, boire et nous raconter des conneries Genre : " ça vous est jamais arrivé que votre mère vous appelle quand vous êtes en train de vous branler ? Vous avez la bonne pioche, et hop, drrrring, salut maman! "
Mercredi 28 août : LES MASKS Hier avant d'aller nous coucher, nous avons passablement déliré sur le futur concert du 4 octobre à l'Amalgame. Iscariote n'étaient pas très chauds pour faire cette date, au début, pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'ils n'apprécient pas de faire des concerts à Yverdon, parce que c'est leur ville, contrairement aux groupes d'Yverdon. La seconde, c'est que le comité de l'Amalgame était à ce moment-là composé d'une belle brochette de connards. La troisième, c'est qu'ils avaient eu l'envie d'organiser ce concert avec Knut et Nostromo pour faire des thunes, et que pour finir, c'est Reno qui l'organise, avec encore Kruger en plus, et donc Iscariote se retrouvent en première partie. En discutant de tout ça, ils se disent que pour finir, ce serait une bonne idée de faire un concert qui déchire et là, l'imagination de 5 mecs se déchaîne, et on trouve une série d'idées de malades pour cette date. Je n'ai pas assez de place ici, mais franchement, je recommande à tout le monde de venir voir cette tuerie. Iscariote sont allés acheter des masques de catcheurs qui tuent, ils vont être en costards et ce sera grand. Pour parler de la journée, nous nous sommes réveillés super tard et nous sommes allés faire du shopping dans une rue pleine de magasins hallucinants, avec une foule de teens, puis nous sommes allés visiter un temple...
...et nous sommes retournés chez Tetsu. Là, nous nous sommes enfilés des bières et nous avons mis au point toute la soirée, discutant du moindre détail et riant comme des malades. Nous avons fait une série de photos de groupe qui vont juste faire de Iscariote.net un site culte Les 4 gaillards, à poils, avec leurs masques de catcheurs, prenant la pose dans le grenier de Tetsu. Je jure de ne pas en parler, et j'espère sérieusement que tout se passera bien, parce que ce qu'ils ont prévu fera date L'excitation est monstrueuse, d'ailleurs il nous faut à tous un long moment avant de dormir...
Jeudi 29 août :US GO HOME - PUMPKIN YOKOSUKA Yokosuka
n'est pas loin de Tokyo, nous pouvons donc dormir longtemps avant
de partir et lorsque Dai et Naka viennent nous prendre, il y a 4 catcheurs
masqués qui les attendent. Gros éclats de rire, et nous
démarrons. Une heure plus tard, nous sommes arrivés,
et nous sommes ébahis de voir à côté du
club un temple dédié aux enfants avortés, orné
aux frontons d'une swastika! Mélange bien bizarre pour nous
autres occidentaux, chez qui cette croix évoque la croix gammée
si connotée. Autre surprise, en entrant dans la ville, nous
voyons d'abord le port rempli de bateaux de guerre
qui doivent
être américains, car la ville est remplie de G.I. en
vadrouille. Cette engeance est partout, traînant en petits groupes
de 4 ou 5 connards. Leur attitude est méprisable, surtout le
soir, quand ils se promènent avec des putes de 3 têtes
de moins qu'eux en faisant des gags super forts. Ils sont tellement
dominateurs, c'est une honte. Nous réagissons tous de manière
épidermique, l'envie de poser des bombes et d'en tuer quelques-uns
traversera l'esprit de chacun d'entre nous au moins une fois dans
la soirée. Bref
ENVY balancent un bon set, peut-être un peu brouillon mais très énergique et énervé. En tout cas plus que ce que j'avais vu jusqu'alors. Nobu jette même sa gratte à un moment donné, et les autres sont comme électrisés.
ISCARIOTE viennent ensuite et jettent à la gueule du public leur set le plus brutal qu'ils aient fait jusque là. Une folie furieuse, prétéritant un peu la précision, mais qui laisse pantois l'audience passablement clairsemée. Plusieurs fois, un des instruments manque de peu un des membres du groupe, et c'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de blessures plus sérieuses que les doigts de Bastien ce soir là. 2 cordes cassées (dont une qu'il éclate en l'arrachant et dont un morceau vient percuter ma lèvre avec force!!) pour Bastien et une pour Joel, et un concert d'applaudissements ponctuent ce set dangereux. Persuadés que le public n'a vu, comme eux, que leur fautes, les garçons sont un peu tristes, et sont désarçonnés quand les gens, plus qu'ailleurs, viennent les féliciter et les remercier pour cette performance.
De mon
côté, j'ai rapidement remarqué que ce soir, ils
avaient la rage, et avec l'humidité ambiante qui les rend brillants
de sueur, je trouve des conditions parfaites pour faire un max de
photos. Je shoot plus d'une quarantaine de fois, et j'espère
qu'elles seront bien au développement
Au moment de partir,
nous voyons un attroupement de Yankees devant une voiture défoncée
A voir les impacts, ce n'est pas un accident, et nous sommes ravis
de voir leur abattement! Nous sommes de cruels petits coquins, et
j'espère que ce sont des GI, en les voyants sortir une batterie
de la voiture et l'amener dans le club
Si vous n'êtes
pas des enculés dominateurs, mais un groupe cool, désolé
les mecs, vous avez toute ma sympathie a posteriori
Sinon, allez
vous faire foutre, et quittez le pays où vous n'êtes
pas les bienvenues.
vendredi 30 aout: SENDAI : BIRDLAND " On vous aime !!!! " Sendai
est à 4-5 heures de route de Tokyo, aussi devons-nous nous
lever vers 10h00, pour tailler la route assez tôt, mais c'est
peine perdue, car nous perdons presque 2 heures dans des bouchons
avant même de sortir de Tokyo. Il fait une chaleur étouffante,
et tout le monde en profite pour verser, sauf le chauffeur et votre
serviteur, trop occupé à relater l'invasion helvète
que subit le Japon durant cet été 2002.
Les gars
de THE END passent aussi un moment avec nous, et c'est très
chaleureux. Il y a une sincérité, une joie, une chaleur,
une envie d'être gentil que tout le groupe trouve formidable.
Nous leur disons au revoir avec un gros pincement au cur, et
leur promettons de revenir. SENDAI MON AMOUR !!!
Le réveil
est pénible, et comme nous devons encore préparer nos
affaires pour être prêts à partir, nous nous levons
vers 10 heures. Nous rangeons, et emballons, en discutant comment
nous allons nous répartir le stock restant de disques et de
t-shirts, histoire de tenter de feinter la douane suisse
NINE DAYS WONDER, pour ce que j'en ai vu, est un groupe impressionnant, peut-être le plus assuré, et le plus pro, après ENVY, sur cette tournée. Un clavier, basse / batterie et deux guitares pour 2 chanteurs et une aisance de vieux routards qui savent où ils tapent. Leur rock est souple, mais nerveux, et c'est vraiment un délice. Je danse comme un petit fou en prenant plein de photos, puis retourne bosser, en me faisant monstre engueuler par Mike qui me remplaçait qui n'a rien vu du concert. Bon prince, je ne le frappe pas trop pour son impudence, et trouve un ricain qui a tout enregistré sur vidéo et qui acceptera de m'en envoyer une copie..
Le concert
d'ENVY qui suit, pour la première fois de tournée, je
n'en verrai pas une seule seconde, trop occupé à discuter
avec une fille qui, je crois, doit être la copine d'un des NINE
DAYS WONDER, qui assure en anglais. Je ne me rappelle plus son nom,
et comme je n'ai pas pris son email, si jamais tu lis ça, tu
peux m'écrire ICI.
On parle de la Suisse, de l'Europe, de nos jobs, de musique. Elle
est très intéressée par tout et pose plein de
questions. Elle veut absolument voir les gamins, c'est comme cela
que je rate le début du concert, jusqu'à ce que Tetsu
retrouve assez son souffle pour reprendre la baraque.
La fin de leur concert est aussi la fin de la soirée à l'Antiknock-club et nous sortons tous dans un resto faire la fête. Je croise en sortant l'américain qui a filmé, et lui dis qu'avec la vidéo, il faudra aussi qu'il m'envoie son adresse où je pourrai lui filer de la thune, pour payer les timbres et la K7, mais il me dit qu'un T-shirt irait bien aussi. Je lui demande s'il aime le Suisse avec la croix à l'envers, mais il me répond : "Heu So so I am a Christian, you know ? " et je suis obligé de me mordre pour ne pas rire, quelle gaffe !
dimanche 1er septembre: " C'est twist, mais c'est la vie, c'est comme ça " Enfin
presque
Ce fût une nuit d'une heure et demi, autant dire
presque rien. C'est donc avec la monstre tête dans le cul que
nous nous sommes tous réveillés et avons sorti nos affaires
le lendemain.. La tête de Joel était un exemple à
montrer aux gosses pour éviter qu'ils ne se saoûlent
plus tard.
Ensuite
nous avons passé la douane, et c'en était fini. Et je
pleure en relisant ces lignes
SAYONARA & ARIGATOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
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