Ecrit par Joe en aout / septembre 2002, pendant la première tournée japonaise d'ISCARIOTE, en compagnie d'ENVY.

 

 


 

Jeudi 15 août : Le grand départ...

Nous avons rendez-vous à la gare d'Yverdon, notre vol pour Tokyo partant depuis Zurich. 2 heures de voyage jusqu'à la gare de l'aéroport. Nous avons un peu d'appréhension concernant le check-in des bagages. Et en effet, nous avons raison d'aller 2 heures en avance, car l'agence de voyage n'a pas transmis à SWISS que nous sommes avec des instruments de musique. Alors que le deal avec l'agence était qu'ils seraient pris en charge en business classe, l'hôtesse de sol nous dit que celle-ci est pleine et que ce ne sera pas possible, que les instruments seront dans la soute. Après une demi-heure de discussions et de menaces avec la Suisse Allemande élevée dans les jeunesses hitlériennes, pour tenter de lui faire comprendre que les instrus ne supporteront pas les températures (parfois jusqu'à -50°C...), nous allons trouver Gino…

Gino est un petit italien, vieux et malin, qui doit s'occuper de l'acheminement des bagages pour SWISS. Il a tout de suite compris notre problème, a fait plein de petits gags et a sauvé la tournée: les instruments voyageront dans un compartiment chauffé dans la soute.
Nous embarquons dans l'avion, décollons, et…c'est réellement le début du voyage…


Nous avançons très vite, environ 900 Km/h, sur l'Allemagne, la Pologne, la Russie et la Sibérie. Dans l'avion, tout le monde boit, Fafa et moi abusons du Whisky. Il est humainement très difficile de résister au sourire de l'hôtesse japonaise. Le steward italien, maniéré et mignon, nous laisse de glace, lui, malgré ses efforts répétés pour tenter de nous faire changer d'avis…

Dans un avion, tout est différent, le monde est à nos pieds, mais malgré tout, le Scorpion King est un film à chier. Diffusé dans un avion, c'est encore plus dur, étant donné qu'en levant les yeux, on ne voit que ça sur les 14 écrans qui prennent tout le champ de vision. L'hôtesse de l'air est un drôle de concept… Sensée détendre les passagers, son rôle se transforme en calvaire pour ceux-ci s'il se trouve qu'elle est aussi ravissante que celle qui s'occupe de nous. Nous comprenons que le voyage sera difficile et pour couper court à toute tentation, je décide de dormir.


Quelques heures, qui me paraissent quelques instants plus tard, je me réveille tordu et courbaturé, avale un café et le petit déjeuner, avant de mettre à profit le temps qu'il me reste pour profiter de l'hôtesse… "Mademoiselle…Je pourrais avoir une tasse de café ?? Heuu…Je pourrais avoir un deuxième sucre… ?? Mademoiselle, je peux avoir un verre d'eau ?? Mademoiselle, vous pouvez me dire quelle heure il est ? " Je la fais venir toutes les 10 minutes. Jusqu'à l'arrivée.

Averti plusieurs fois que la douane et la police japonaises ne sont pas des plus tendre, nous avons été surpris de passer les contrôles sans encombres. Tetsu nous a dit qu'ils pourraient nous faire repartir sans sortir de l'aéroport s'ils supposaient que nous venions jouer pour de l'argent au Japon, mais nous n'avons même pas eu besoin d'ouvrir nos sacs, en disant que nous étions des étudiants venus jouer avec le prof. Ils ont même crû que Fafa était le prof…Petit miracle, quand bien même les 5 jolies petites polonaises derrière nous ont dû le faire.

Ceci dit, nous avons quand même subit 3 fois le passage d'un chien entre le moment où nous avons récupéré nos affaires et le passage de la douane, soit 15 minutes maxi et…30 mètres tout au plus !
Juste derrière, Tetsu et Susa sont là, et c'est la joie!!! Embrassades, et nous dégageons de l'aéroport pour une première visite de Tokyo…
Un mag de disques, trois shopping center et nous partons chez Tetsu, posons nos affaires, allons acheter de quoi boire, bouffer et rentrons. Nous passons encore deux heures à boire et à discuter le bout de gras, et nous allons nous coucher, sans air conditionné.


 

Samedi 17 Août : 400 Francs (suisse) dans le mall.

Réveil vers 11 heures, et nous déjeunons dans le garage de Tetsu, qui nous servira de base pendant tout notre périple sur l'île; et nous partons pour les malls où nous allons passer 6 heures à dépenser…Nous commençons par une section " Tout à 100 Yens " et achetons plein de verroterie pour nos autochtones. Nous sommes invités par la maman de Teuchi, le petit voisin de Tetsu. C'est un petit monstre adorable, qui nous a adoptés dès qu'il nous a vu, et qui a voulu nous faire visiter le mall. Un tour de grande roue avec lui, et nous avons fait son bonheur pour un mois.


La soirée est prévue avec Dai et Nobu, et nous allons manger dans un restaurant traditionnel, suchimi / algues / poisson et poulet pané / bières / saké. Nous parlons, mangeons et buvons beaucoup. C'est l'échange culturel dans toute sa splendeur, et nous quittons le resto, bourrés et heureux.

Dans le bus, nous demandons à Dai s'ils vont de temps en temps dans des clubs pour faire péter la fête, et il nous dit que c'est quelque chose qu'ils ne font plus depuis qu'ils sont mariés !!!
Très étonnés, nous tentons de savoir s'ils y vont parfois avec leurs femmes, mais ils répondent qu'ils n'y vont jamais ! Les Japonais que nous connaissons ne sortent-ils plus que pour boire des bières ? Les clubs correspondent en fait à leurs périodes célibataires…Horreur ! Nous comprenons qu'il va être difficile pour nous d'aller clubber, mais l'idée, par contre, de savoir que ce ne sera que des célibataires nous enchante…Malgré tout, il nous faudra trouver un guide, et nous remettons ce plan à la semaine suivante.

Nous rentrons nous coucher, mais vu que nous sommes passablement chauds, voire cuits, nous continuons de boire dans le garage à Tetsu en regardant la version japonaise du Top 40, avec délice !!
Le top 40 japonais est un condensé de toute la merde occidentale et de tradition japonaise, très souvent dans le même titre…Un exemple : Les septièmes du moment sont composés d'un crooner japonais gros et vraiment laid, accompagné d'un orchestre japonais qui fait de la salsa avec un guitariste qui balance des soli hard FM par-dessus qui n'ont absolument rien à foutre là, et une armada de poules déguisées en Brésiliennes à plumes et qui font une chorégraphie nullos qui rendrait fier d'eux les éléphants de Knie !


 

Dimanche 18 Août : Taifun !!!

Nous avons appris hier qu'un typhon devait toucher le Japon aujourd'hui, mais il semble que ce ne soit qu'une petite pluie qui vienne nous gâcher le soleil…C'est pas aujourd'hui que nous verrons les Japonais volants, dommage.
Sans même déjeuner, nous partons dans un nouveau supermarché où nous trouvons des DVD, des CD de gros trucs que nous ne pouvons pas obtenir sous cette forme en Suisse (Radiohead-Mogwai-Tortoise…) avec à chaque fois 3-4 songs qui n'existent pas sur les versions européennes. Moi non plus je n'existe pas à ce moment là... Tête dans le cul et nuque bloquée ont raison de mon entrain et je passe tout le temps dehors à me masser la nuque en espérant en vain que ça passe. Tout cela se règle avec le premier café et la nourriture italienne que nous dégustons dans un fast-food rital-style de Shinjuku…où nous allons tous tester les toilettes, et surtout le système de nettoyage automatique…D'abord, une petite rincette tiède, suivie d'une cascade plus chaude pour que rien ne colle, et un agréable vent chaud pour sécher la rondelle. Oh joie, oh volupté !

Nous rentrons pour une heure chez Tetsu avant d'aller de nouveau à Shinjuku, retrouver Tobi et visiter un magasin de gadgets complètement halluciné! Tobi débarque au milieu, et nous rencontrons par la même occasion la majeure partie des autres membres de son autre groupe : ORG, et nous allons manger avec eux dans une chtite gargotte sympathique. Beignets de poissons et de pommes de terre, seiches frites, frites sèches et bières achèvent de nous achever.


Un grand éclat de rire parcourt la table quand nous comprenons qu'Envy croient depuis l'année passée que Fafa est gay !! Il passe un peu de temps à leur expliquer que non, et nous commençons à parler de ce que nous aimons respectivement chez les femmes et chez les hommes. La femme de Tobi, Sakiyo, et une autre fille, Ay, nous traduisent plein de phrases super cool, et nous apprennent que l'année prochaine leur premier album devrait sortir sur Salvation et qu'une tournée européenne va peut-être être planifiée…Nous nous quittons là-dessus et retournons chez Tetsu, boire encore un peu et discuter de groupes. Quand nous quittons le restaurant, nous sommes accueillis par le typhon, qui nous montre de quoi il est capable en trempant tout le monde, malgré les parapluies, et c'est bercés par le bruit des trombes d'eaux qui nous tombent dessus que nous nous endormons…
Mauvaise nuit pour moi, qui me réveille avec des douleurs plein la nuque et tellement mal au dos que j'ai envie de vomir…Un peu d'Aïkido m'aide à me détendre, sous les quolibets d'Iscariote, et tout le monde prend une douche…


 

Lundi 19 août : Eliko…

Aujourd'hui (et pendant toute la semaine en fait) Tetsu doit travailler avec son père. Nous allons donc être " partagés " entre les différents membres d'Envy. Aujourd'hui, c'est Nobu qui s'en charge. Nous sommes déposés par Tetsu à la gare de tromé, et nous sortons à Shibuya, trouvons immédiatement Nobu et commençons la visite de Shibuya, mangeons dans un curry indien où nous sommes allés le premier jour, puis nous faisons quelques magasins de disques, et décidons d'aller voir un temple en banlieue.


Nous avons avant rendez-vous avec Eliko, une chatteuse que Fafa a rencontré sur le net. A la gare de Shibuya, nous attendons au milieu de la foule en matant une TV géante incrustée dans un immeuble, comme à Time Square, et je pense que nos têtes ont dû s'allonger d'un bon mètre quand elle est arrivée. Eliko est une jeune femme superbe, avec, ce jour là, une magnifique robe noire, de longues jambes et des yeux de biches. Elle souri très souvent, et ça lui illumine le visage ! Les premiers instants de stupéfaction dissipés, nous partons avec elle, pour ce temple, et Fafa n'est désormais plus dans le groupe, accaparé par sa discussion…

Le temple est magnifique, mais nous ne pouvons qu'en faire le tour jusqu'à une sorte d'immense hôtel où est caché un bouddha, puis nous nous purifions à l'encens, et allons tirer la chance…Nobu se ramasse de la merde pour toute sa vie, et Mike le meilleur, tout de bon, pour toute sa vie…
Nous allons boire un verre ensuite, et Fafa et Eliko s'éclipsent. Nous repassons par Shibuya pour ½ heure d'internet, histoire de donner des nouvelles à la Suisse. Nous reprenons ensuite un train rapide pour rentrer chez Tetsu, mais là, c'est la sortie des bureaux, et il y a des pousseurs à l'entrée. Le train est bondé et c'est peu de chose de le dire. Nous sommes serrés les uns contres les autres, et au bout de 10 minutes, nous nous rendons compte que nous sommes les seuls sur 300 personnes à parler…Pas un Japonais ne dit un mot. Essayer d'imaginer, c'est assez impressionnant, et nous en parlons avec Tetsu dans la voiture. Il nous dit qu'il fait la même chose, ce qui achève de nous mettre mal à l'aise. Très fatigués, tous, nous décidons de ne pas sortir, commandons des Pizza-Hut, et descendons des whisky-coke en matant une histoire de fou à la tv. Pour on ne saura quelle cause, une actrice japonaise, petite et toute fragile, a décidé de courir 100 km en 24 heures. La chaîne " 24h TV " la suit et nous avons droit au reportage sur son histoire. Sa vie, son œuvre, son mariage, sa préparation et la course. La pauvre petite est à bout dès le 50ème km. Massage, acupuncture et elle repart en titubant… Re-mari, sa vie, son œuvre, et nous la voyons arriver en direct, tellement morte, qu'elle ne reconnaît pas son mari !!!!
Elle s'effondre dans le studio en pleurant, ayant réussi son pari avec le genou en compote. Nous nous préparons à aller nous coucher, au moment où Fafa débarque, et nous raconte sa soirée avec Eliko, et son étonnement devant la passivité des Japonaises, enfermées dans cette tradition qui laisse aux femmes la place du four, du chien ou de la voiture… Nous dormons comme des bébés par la suite, et nous avons le bonheur de voir que le soleil est là quand nous nous réveillons. Dai va venir nous chercher et nous allons à la plage, Youpie !!!!


 

Mardi 20 août : …à nous les vagues !!

Nous nous réveillons passablement tard, et nous partons directement pour Kamakura, au bord de l'océan. Nous allons d'abord voir un bouddah géant, et nous faisons plein de vœux en jetant des pièces dans une grille. Puis nous allons visiter un temple, caché dans la montagne. La végétation est luxuriante, on ne voit pas à trois mètres, c'est la jungle. Nous jetons encore des pièces, plein de vœux, et plein de photos…



Puis nous partons pour la plage, et c'est le pied total, l'océan est splendide, le soleil est au grand beau, et nous folâtrons dans les vagues comme des gosses pendant plusieurs heures. C'est régénérant, génial.


Nous rentrons ensuite sur Tokyo, et avons juste le temps de vider 2 whisky avant de partir voir une répèt d'Envy. Le concept de local de répète n'existe pas ici, tout étant beaucoup trop cher, les groupes louent des locaux de répètes équipés, des capsule-locaux, comme des capsule-hôtels… Nous allons ensuite manger un morceau avec les membres du groupe et la copine à Naka. Elle est une star de J-Pop, mais elle est très simple et très mignone…
Iscariote se font une discussion de groupe, et j'en profite pour discuter un peu avec nos hôtes. Puis nous rentrons, non sans halluciner sur voiture de Naka, une Mercedes AMG qui doit valoir la moitié de la maison de ma mère…
Rentrés, nous buvons encore un peu, et allons nous coucher à 2 heures du mat. C'est une nuit hallucinante pour moi, car généralement, je ne me souviens pas de mes rêves, mais pas cette fois, je fais un cauchemar terrible, et malgré le fait que je me réveille, je le reprends 3 fois, dès que je me rendors.
La mort de ses amis est quelque chose de terrible, alors je ne souhaite à personne de faire ce genre de rêve. Je vais garder une très sale impression toute la journée, et, encore le lendemain, j'aurais envie d'appeler en Suisse pour avoir des nouvelles de cette fille. (Qui n'a rien...)


Mercredi 21 août : Laurent Smallstone.

Nous nous réveillons très tard, trop en fait, et nous sommes obligés de courir pour arriver au rendez-vous fixé avec Laurent, un pote de suisse qui a fait la traversée en transsibérien, depuis deux mois, et qui vient au Japon juste pour voir Iscariote… Berlin-Moscou-Irkoutsk-un petit détour par Ulan Bator, en Mongolie-Irkoutsk-Vladivostock où il embarque sur un ferry pour le Japon. Nous avons rendez-vous avec lui à Shybuya, et nous nous promenons dans la ville, puis dans un joli parc au centre, où nous discutons et partageons nos expériences avec lui. Nous nous quittons et allons manger chez Tetsu ce que nous avons acheté dans un supermarché, plus cher qu'au restaurant !!!
Nous passons ensuite trois heures à discuter le bout de gras avec Tetsu, les différences de culture étant la base de la discussion.. Nous allons nous coucher tard, et il semblerait dans leurs paroles que les gaillards commencent à stresser la moindre…


 

Jeudi 22 août : Shimokitazawa-Shelter…Pour commencer !

Nous partons de chez Tetsu pour nous rendre au Shelter, le premier club où commence la tournée Envy-Iscariote-Japan Tour 2002. Le club est tout petit - la Dolce sans le bar, en gros - et la scène est recouverte d'un damier noir-blanc du plus bel effet. Fafa a beaucoup entendu parler de cette salle, et il semble passablement impressionné dans ce club qui a plus de 10 ans...
Les soundchecks sont rapidement terminé (1/2 heure par groupe) et nous allons nous promener dans les environs, enfiler quelques bières et un peu de nourriture…Nous traînons devant, pendant que les gens rentrent, et que les concerts commencent...


SEQUENCE PULSE ouvrent la marche avec un rock instrumental super doux, un peu dans la veine de TRISTEZA. La salle semble suspendue à leurs notes, mais n'applaudit pas et ça fait un peu peur aux garçons…KIWIROLL viennent ensuite, avec un hardcore chaotique. Leurs constructions sont vraiment bizarres, difficiles à suivre, et le chanteur se contorsionne comme une vache folle, tombe, retombe...Hypnotisant.

ENVY assurent ensuite, avec un set compact et précis, très puissant. On sent le travail, la cohésion, mais aussi le plaisir qu'ils ont à jouer devant les Tokyoites, qui le leur rendent bien. Une trentaine de personnes se massent devant la scène, connaissant toutes les paroles par cœur ! C'est impressionnant.


Je vois ISCARIOTE qui commencent à sentir l'imminence de leur apparition et le stress est palpable, dans leurs attitudes et leurs gestes. C'est rigolo, juste pour moi! Ce set d'Iscariote est symptômatique: la première song voit Bastien et Joel casser une corde, et Mike a sa batterie qui se démonte, la pédale de grosse caisse ne tient plus et tous les éléments s'écartent de lui ou se disloquent, c'est le chaos. La song est une catastrophe, le tempo variable et l'accordage aussi…Les Japonais sont dubitatifs, et j'ai très peur…
Les 2 songs suivantes rentrent un peu mieux, mais Bastien débranche un jack, et, à nouveau les deux cassent une corde. J'ai peur que ce concert soit la fin du monde, mais c'est qu'Iscariote ont besoin de 3-4 songs pour bien rentrer dans leurs concerts, et c'est le cas ce soir là…
A un moment donné, tout rentre en place, la cohésion se fait, et ils sont alors vraiment Iscariote, quelques fautes mais une débauche d'énergie bien plus impressionnante que chez les autres groupes. Bastien a les yeux qui roulent, Fafa une tête à manger du Japonais et Allmend moshe comme un malade. Mike fait une belle impression en enlevant son T-shirt. Et moi je commence à respirer. Ils assurent les p'tits Suisses et ce n'est plus autant surprenant qu'ils fassent la tête d'affiche.
C'est qu'ils avaient un peu peur, les bleus….PREPARE TOI A MIROUR ORGASMO !


Après le concert, nous découvrons une spécialité japonaise : le club est vidé en 10 minutes et en 20 autres nous avons rangé le matos dans les bus. Nous retournons alors dans le club, et la fête commence avec les autres groupes, seulement. Nous payons tous un écot de 1000 Yens, et le bar est à notre disposition pour quelques heures, cocktails compris. Nous abusons de Ditamoni, un mélange d'alcool de lychees et de jus de grapefruit, excellent et assez frappeur. Je me rends compte que je suis surveillé… Je reçois des œillades de la plus jolie fille de la soirée, de l'autre côté du club, qui vient s'asseoir à côté de moi. Elle s'appelle Laren, est canadienne et fait une année d'échange linguistique au Japon.

Fafa et Eliko s'éclipsent pendant une heure, le temps pour lui de la convaincre du bienfondé et de la profondeur de ses sentiments, puis il revient juste pour nous dire qu'il va aller avec elle et nous rejoindre le lendemain. Comme tout le monde est au courant, c'est une ovation qui l'accueille quand il rentre dans le club. Le rouge lui monte au visage, il bafouille 2-3 trucs et ressort la rejoindre. Nous continuons à boire et à écouter Laurent démontrer qu'il est lourd avec les meufs, avec Lauren. (" Tu sais que tu ressembles beaucoup à une japonaise ? Mais non… Mais si ! Si tu te faisais opérer, si si, tire un peu tes yeux, là, comme ça… "… "Ouais, ouais, t'as l'air vachement jeune..Et bourrée aussi, ouais…Et conne… ") !!!
Nous partons à 2 heures du mat', et rentrons nous coucher chez Tetsu.


 

Vendredi 23 août : keskonrigôle !! (" Les niaks ont des gros tétons…Les sucer, c'est comme bouffer un gros malabar… ")

La nuit passée, nous nous réveillons tous vers 13h00 avec l'entrée de Fafa qui nous apprend qu'il s'est fait piné, littéralement…Et son sourire d'ailleurs, en dit long... Nous partons tous manger dans un resto, un steak pour le petit dèj', et nous allons faire quelques courses…Nous rentrons chez Tetsu, je masse Fafa, et nous passons la suite de la soirée à discuter, écouter des disques, boire et rigoler…On prend le temps de mater les vidéos de la tournée de l'année passée : LACK, ISCARIOTE, ENVY, YAPHET KOTTO… On prépare nos affaires pour dégager demain. Je ne sais pas si c'est la tension ou la bouffe, mais Mike et moi ne dormons quasiment pas, et le réveil à 7h00 du mat' est très pénible.


 

Samedi 24 août : HEY…AMERICAN !?!? Nagoya-Tight Rope

Nous avons prévu de tous prendre une douche express avant de partir pour Nagoya, mais une surprise attend Mike dans la salle de bain des parents de Tetsu: un bain ! En europe, la conception du bain est passablement différente de celle des Japonais…Ici, on se lave à côté, et on prend ensuite, tous, le même bain, l'un après l'autre. Ce n'est pas trop ce que nous voulons, mais nous avons un peu peur de brusquer la famille de Tetsu…Après quelques hésitations, nous tirons l'eau et prenons une douche. On ne se refait pas, et nous serons propres pour la route. Nous rejoignons Envy à un arrêt de métro, et partons pour Nagoya, à environ 3 heures de route de Tokyo, que nous parcourons rapidement avec les 2 bus Toyota. Nous passons à côté du Fuji-Yama, mais à cause de la brume, c'est une montagne comme les autres, dont il manque la pointe si caractéristique, cachée dans les volutes…Nous arrivons à Nagoya, et nous dénichons le club, niché au 4ème étage d'un immeuble, plein de clubs ( !) situé dans le quartier à putes - à voir les enseignes des bars alentour ( "Love Bar, L'Amour, J'aime, etc… ") et les accoutrements des petites Philippines qui s'y balladent…

Envy expédient rapidement leurs check (20' !!) et, alors qu'Iscariote vont commencer, je me dis qu'une binch passerait somme toute pas si mal…Je me mets alors à la recherche d'un distributeur ou d'un supermarché, mais les 4 premiers n'en vendent pas, et je finis par en trouver un mais trop loin. J'allume une clope, savoure trois gorgées et me rends compte que je me suis perdu à Nagoya !! Je commence à tourner en rond, en agrandissant les cercles, mais je ne trouve aucun repère…Je commence gentiment à flipper quand je me fais brancher par un mec qui pose des stickers de photos de putes dans les cabines téléphoniques et sur les poteaux électriques… "Hey, american ? " Je dis "No" et je dégage. 100 mètres plus loin ce sont 2 Philippines de moins de 18 ans qui me font " Hey american " ?? De nouveau, je lance un "no", sec, mais accompagné d'un sourire cette fois, mais avec l'angoisse qui me tarabuste de ne pas retrouver le club ce soir… 100 mètres de plus, et un barbu me hèle depuis un balcon au troisième étage, et me lance, lui aussi, avec une voix de vieux Corleone.. : "HEY, AMERICAN !!?? " Là, j'ai franchement les boules, je ne dis rien et j'accélère à fond…Je suis définitivement perdu, et toutes les rues se ressemblant, je tourne en rond pendant plus d'une ½ heure avant de reconnaître un parking devant lequel j'étais déjà passé, mais dans l'autre sens! Demi-tour, d'autres repères apparaissent, et je trouve le club après le check d'Iscariote, juste à temps pour les voir sortir pour bouffer. J'ai eu très chaud, et mon estomac restera noué jusqu'à la douche, mais ça c'est pour la suite.

Nous allons donc manger quelque chose et nous passons à côté d'une place pleine de bruits, et comme il me semble apercevoir des majorettes, je hurle le cri de ralliement de la tournée: "Checkez les teens !!! ", qui est une des deux phrases dont Dai se souvient parfaitement depuis l'année passée avec : "Je vais te mettre le cul en étoile de sherif !! ", chaque fois très juste, mais avec un accent extraordinaire. C'est ce qu'il a dit à la fille sur la plage l'autre jour en lui expliquant, quand elle a demandé, que ça signifiait : "You are very cute… " …Tous morts de rire…
Les cheerleaders s'averrent être des bambins de plein d'écoles différentes qui font un spectacle traditionnel sur une immense scène dressée sur une grande place. Nous prenons quelques clichés, puis nous allons manger un curry, qui ne me réussira pas, mais ça aussi, c'est une autre histoire, ne soyez pas aussi impatients...
Sur la carte du curry bar, il y a un truc qui nous fait mourir de rire, après nous avoir semblé faisable, c'est le concours Curry-Contest. Les règles sont simples, celui qui arrive à manger leur maousse curry de 1300 grammes en moins de 20 minutes sans laisser un grain de riz, ne le paye pas. Nous imaginons celui qui se bâfre, puis qui tout fier, appelle le gérant qui le félicite, puis qui gerbe dans tout le bistrot en sortant…
Tiens, je remarque en écrivant ces lignes que ma casquette pue la mort… Bref, nous retournons au club juste avant les premiers concerts, et j'ai juste le temps de monter le stand avec Tetsu. Les deux premiers groupes sont des groupes de punks merdiques (Pardon les gars, mais chez nous le punk est mort en…79 ? 85 ? 91 ?) et j'ai vraiment la cosse. De temps en temps, une petite Japonaise se pointe, mate les T-shirts, et s'en va en rougissant et en riant avec ses copines quand je lui décoche le sourire première classe qui fait ma spécialité. J'arrive parfois à les attraper, et je leur glisse un sticker avec le sourire, ce qui a généralement pour effet de les mettre terriblement mal à l'aise…Elles mettent leurs mains devant les yeux, et font 36 courbettes…pour un sticker, c'est trop facile! Iscariote montent sur scène, et décochent un direct à ceux qui ne les connaissent pas, et un uppercut aux autres. Le concert est sauvage, intense, ils sont carrés, dedans, ne cassent aucune cordes, putain, c'est magistral…Les kids gueulent entre les morceaux, ce qui n'était pas arrivé au Shelter, et je suis vraiment déjanté derrière, pendu au plafond et moshant tellement que les Japonais semblent avoir un peu peur…
S'il faut voir un concert d'ISCARIOTE, ce doit être un de cette trempe. Ils frisent le professionnalisme et transpirent la passion. Ils sont beaux, même, bordel !! Ils sortent du club tout transpirant, et sont assaillis (J'exagère presque…) par plein de petites Japonaises qui veulent parler avec eux, et c'est vraiment cool.

 


Moi, j'assiste au concert d'ENVY, qui ne me semble pas être leur meilleur. Ils cassent des cordes, eux, cette fois, et me semblent tendu… Je suis désolé pour eux, mais ils ne semblent pas spécialement dépités, peut-être est-ce normal après près de 300 concerts. Hé oui, nos amis sont des vétérans…


Je vais ensuite chercher des bières à 4 francs (suisse !) au distributeur, moitié moins cher que dans le club, et je rate Nice View, le groupe de grind le plus connu du Japon, mais je ne m'en porte pas plus mal, semble-t-il, vu l'attrait que représente pour moi ce genre de musique, ce que j'avais déjà vérifié au sound-check. Nous subissons ensuite 2 autres groupes (Ils étaient 7 ce soir là...) de la scène de Nagoya, à voir les kids pogoter. Hardcore oldschool très classique, pardon aussi, mais c'est très peu pour moi. Comme le veut la coutume, nous allons ensuite au resto avec tous les groupes, et c'est là que je vais finir l'histoire commencée plus haut. Je ne sais pas si c'est le stress de m'être perdu, la mauvaise nuit d'avant, le voyage de 6 heures, le curry, les bières, bref, en rentrant dans le resto mon estomac se serre et je me sens au 36ème dessous pendant les heures qui suivent. Vu qu'il y avait 7 groupes, nous sommes presque 50 avec les filles qui sont venues, et tout le monde s'amuse beaucoup, sauf votre serviteur qui se demande s'il doit ou non aller se forcer à vomir. La bouffe s'amoncelle sur la table, mais la soupe que j'ai commandée, pensant que c'était la seule chose que je pouvais avaler, ne viendra jamais, et c'est en lambeaux que je prie Mike d'abréger mes souffrances en disant aux autres que je ne me sens pas bien. J'ai l'impression de casser la fête à Mike et à Dai qui viennent à l'hôtel avec moi, alors que les autres vont à 14 dormir chez l'organisateur. Nous avons un monstre bol, et nous passons une nuit extraordinaire, par rapport à celles que nous avons eues avant. (Pardon Tetsu c'est génial chez toi, et c'est le cœur sur la main que tu nous accueilles, mais je dors mieux dans un lit que sur une natte sur le sol…)


 

Dimanche 25 août: L'eau éléctrique !! (OSAKA: FANDANGO)

Nous nous réveillons vers 11hoo et attendons les autres avant de partir pour Osaka. Le parcourt est plus court qu'hier, et nous arrivons vers 15 heures dans le club. Les checks sont vite derrière et nous partons manger quelque chose, ce qui n'est jamais simple ici. Le végétarisme n'est pas compris, et généralement les commandes non plus. Parfois, c'est une résultante de la confusion entre notre traducteur (un membre d'Envy) et nous. Plus sûrement, c'est l'extrême soin que les Japonais mettent à tout compliquer qui en est la cause. 2 exemples, pour faire simple: Nous désirons une soupe toute simple, avec des nouilles dedans, mais ce n'est pas ce que nous recevons…Les nouilles simples en soupe étant juste l'entrée, ils nous amènent ensuite le plat principal. La facture est en conséquence et la frustration de laisser les 2/3 des plats, est, je pense, pas nécessairement explicable… Autre exemple: les 2 végétariens du groupe spécifient à chaque fois qu'ils ne mangent que des légumes, mais plusieurs fois, ils se sont retrouvés avec, qui un bouillon à base de sauce de poisson, qui un œuf sur son riz, et toujours avec le sourire, genre voilà la spécialité que vous vouliez, étranger !
En plus, jamais un Japonais ne dira qu'il n'a pas compris ou qu'il n'a pas ça dans son menu. Les discussions sont toujours ponctuées de signes de têtes affirmatifs et de sourires, quand bien même ils ne comprennent pas un mot. Très frustrant. Je pense qu'en lisant ça, vous devez vous dire que je commence à serrer au pays des hypocrites, et vous auriez un peu raison… Mais il y a des compensations: les sourires et la gentillesse!

Ce soir, les concerts sont super bien, Iscariote faisant 2-3 grosses plantées, même arrêtent un morceau, mais leur présence et leur patate rendent l'exercice toujours impressionnant. Envy balancent un très bon set et nous passons ensuite une monstre bonne soirée.

 


Nous rencontrons un français expatrié, un pote d'un pote à Fafa, qui vient de Strasbourg et qui s'occupe de gosses en donnant des cours de français. Puis nous allons manger un truc et nous sommes morts de rire en voyant les problèmes que pose le fait de ne commander qu'un bol de riz, SANS RIEN D'AUTRE, S'ILS-VOUS-PLAÎT, QUE DU RIZ !!! Envy sont morts de rire, et le patron fait une tête pas possible, comme si on venait de lui dire que sa bouffe est dégueulasse…
Nous nous rendons ensuite chez un ami à Tetsu, chez qui nous allons passer la nuit, posons nos affaires, et allons prendre un bain dans un " public bath ". Rien que le nom nous fait déjà bien tripper, mais ce que nous découvrons n'existera plus jamais chez nous!!!
Nous passons un guichet, payons et entrons dans un vestiaire plein de Japonais tout nus. Sans m'appesantir dessus, je peux confirmer une certaine idée de la " european size VS. japanese size " et plutôt 3 fois qu'une…Nous entrons ensuite tous à poils, dans la salle de bains, et commençons à nous laver assis sur un tabouret de 20cm de haut, sous une douche de 70cm de haut !
Après nous être lavés, nous allons voir le sauna, mais la chaleur et l'humidité sont tellement écrasantes dans l'escalier qui y mène que nous n'osons même pas rentrer. Nous prenons un bain bouillant, un bain électrique (Oui oui, électrique ! Une fois passée la première décharge qui nous fait ressortir le pied en hurlant, nous arrivons à nous y enfoncer jusqu'aux cuisses, et tous nos muscles qui sont dans l'eau se tétanisent, c'est une sensation hallucinante !!), suivi d'un bain froid. Puis nous nous séchons. J'ai oublié de préciser qu'il était une heure du mat' quand nous sommes entrés. Nous sortons du bain complètement requinqués, et nous allons saluer les Dieux japonais…Nous visitons un petit temple et un cimetière militaire pour les trouffions bas de gamme qui sont allés se kamikazer sur un porte-avions pendant la deuxième guerre. Plein de petites croix alignées comme à Arlington, qui font fortement flipper notre hôte, suffisamment pour qu'il le dise, c'est dire ! Nous allons ensuite chez le pote à Tetsu et dormons comme des pierres. Je me réveil avec un monstre mal de plot, j'ingurgite une aspirine, du café et nous allons visiter le superbe château tout doré qui fait la fierté d'Osaka.



Nous partons ensuite pour la date suivante...


 

Lundi 26 août : OKAYAMA : PEPPERLAND

Il fait beau et extrêmement chaud quand nous arrivons au club. Iscariote et Envy éjectent rapidement les checks et j'en profite pour aller checker un internet café juste à côté. Ce qui m'énervera prodigieusement, le webmaster ne conprenant rien de ce que je lui dis. A IMD (Où je travaille, à Lausanne), nous avons un serveur pour les mails, auquel j'accède depuis n'importe quel point de la planète, en entrant 3 passwords. Depuis le café, j'accède à la page, mais elle ne me demande que 2 passwords et tous mes essais pour les trouver se soldent par un échec… J'appelle à l'aide, mais le type ne comprend pas que ce que je veux: utiliser une version d'internet explorer en Anglais. Au lieu de changer les settings, il tape www.msn.com et me dit voilà…Je lui explique, enfin je crois, mais il ne comprend pas, et me renvoi sur le même site, mais en anglais, tout fier. Quand je lui dis que ce n'est pas du tout ça, il me regarde bizarrement et me demande si nous utilisons toujours les lignes téléphoniques. Quand je lui dis que nous avons des connections T1, il ne me croit pas! Il n'est pas concevable pour lui qu'il existe autre chose de mieux que l'ADSL, que nous avions à IMD il y a 3 ans, avec 3 générations de connections depuis. Désolé, hein, mais bon, voilà, je checkerai mes mails à Shybuya dans 3 jours.

Nous passons un peu de temps devant le club, puis montons le stand merch dehors, devant l'entrée, ce qui est très cool pour nos oreilles, parce que nous ne sommes pas obligés de "subir" les autres concerts en attendant le passage des nôtres. C'est d'autant plus cool que le club est tout petit et nous avons de plus loisir de mater tout ce qui se passe devant. De plus le club se vide entre chaque concert et une faune de punk se retrouve devant l'entrée à boire et à déconner, ce qui s'avère parfois très drôle… Les concerts se succèdent, et je peux voir DIP LEG, le concert surprise de la soirée, avec la batteuse qui va nous héberger ce soir là…Le concert est vraiment bien, et ces gens sont juste trop cool.


ENVY jouent ensuite et balancent de nouveau un concert super bon, même si ce n'est pas leur avis. Ce soir, ils ont pas mal cassé (Naka et Tobi) et ils n'aiment pas trop ça, mais nous oui !!! C'est toujours super pro. Eux voient leurs défauts, mais pas nous…


ISCARIOTE viennent clore la soirée et tout ce que j'ai écrit sur eux pour les concerts d'avant me semble alors à foutre aux chiottes… Tout est électrisé, tout est brûlant, je ne pourrais pas dire si c'est uniquement moi qui ressens ça, mais je crois que les hurlements du public et les gens qui dansaient confirment qu'il y avait quelque chose. Ils sont encore plus dedans, encore plus déchaînés, ils donnent tout et je crois que les Japonais - en tout cas d'Okayama - aiment ça…Il me semble que plus ils fatiguent, plus la purée est énorme le soir venu. Je pense que le stress a disparu, et que le professionnalisme d'Ogawa (Pardon mon ami si j'écorche ton nom !) se fait sentir au fur et à mesure. Bastien me racontera après qu'à chaque coup sur ses cordes, il sentait sa peau se détacher un peu plus de son pouce. A voir l'état de son doigt après, sanguinolant et déchiqueté, je n'ai aucun mal à comprendre que ce concert fût une épreuve pour lui. Mike doit changer un stand qui tenait juste avec du scotch au deuxième morceau, mais les Japonais crient de joie quand il leur dit SUIMASSEN, SUIMASSEN… Je crois qu'ils ont vite pardonné ces 2 minutes d'interruption et le concert peut continuer.

 


Je shoot depuis toutes les directions, et partout. Les gens moshent en ayant les yeux qui brillent. Même le connard de ricain que nous avons rencontré devant avant le concert. C'est une caricature de ce qui se fait de pire de l'autre côté du pacifique, et il arrive en 30 secondes à nous donner envie de le tuer : " You know this band, what kind of hardcore d'you play, you know this band, I saw them twice, I know them, been there, done this… " avec l'attitude qui pue. Comment est-ce que ce genre de connard peut-il ne pas se rendre compte de tout ça?? J'espère qu'un Japonais cannibale le bouffera…J'enchaîne une quinzaine de photos, et mon film se termine, je fonce au magasin le plus proche acheter de la peloche 3 fois plus cher qu'à Tokyo, et retourne dans la fosse. En regardant autour de moi, je me rends compte qu'il y a une platforme derrière moi, d'où je peux prendre 4-5 photos qui vont, j'espère, déchirer le cul de vos mamans. Alors que " plus que la chair " commence, qui doit normalement être le dernier morceau, je me dis que j'ai assez pris de photos, et je sors boire. J'ai pas fait une minute dehors que Nobu sort, mort de rire, et entre deux hoquets m'annonce : " Fafa naked ! Fafa naked ! ". Je cours dedans, bouscule tout le monde et ai juste le temps de prendre LA photo de cette tournée, où Fafa, recroquevillé en position fœtale sur scène, entièrement nu, est en train de hurler : " donne-moi plus que la chair !!! "

Les Japs, les autres, moi, tout le monde est sur le cul ! C'est de la folie, cette soirée est hallucinante. Nous rangeons super vite, et partons dans un bistrot, finir la soirée à la japonaise, bouffe et alcool à gogo. En s'asseyant, Mike se retourne vers les deux filles à côté de lui, un peu grosses à lunettes, super timides et leur dit super sérieux : " ORENO POKOCHIN KOKUJIN MITAINE NACHATA " , ce qui en gros signifie : "Je bande comme un négro ". La tête des deux filles, rouges de honte et mortes de rire, est indescriptible. Le fou-rire qui s'est emparé de tout le monde aussi !!

Nous nous racontons tout plein de trucs à mourir de rire, sur la Suisse et les échanges cul-turels, puis nous partons chez CHIARU, dont les parents tiennent un hôtel traditionnel et qui nous invite ce soir là. Nous trippons de voir la manière dont nous sommes accueillis. Nous prenons d'abord une douche collective, puis un bain de groupe (J'espère que la photo sortira bien au développement !!)

et nous montons boire encore et manger des suchimis. Nous discutons encore avec nos hôtes et nous leur demandons de traduire nos noms, puis nous allons nous coucher.

Le réveil pour Mike et moi est particulièrement pénible. Nous sommes tellement nazes qu'il faudra des bains chauds pour nous permettre de sauver la face. Nous avons la joie de partager dans cet état le petit déjeuner traditionnel, qui consiste en nouilles, riz, œuf cru, suchimis et thé vert, avec un bouillon. J'ai pas mal de peine, mais comme l'appétit vient en mangeant, je me force, et fini par vraiment apprécier. Nous emballons ensuite et partons nous refaire une santé dans des bains publics, beaucoup plus classe et moins électriques que les premiers. Il y a un petit bassin dehors, et nous y passons tous un bon moment, jusqu'à ce que Fafa aille checker la partie réservée aux femmes. Naka et Tetsu dégagent tout de suite quand ils comprennent ce qu'il fait, mais Fafa, lui, ne sait pas ! Malheureusement, ou heureusement, il n'y en a pas à ce moment là… Nous rentrons ensuite sur Tokyo, à 9 heures de route. En arrivant, nous passons encore 3 heures, malgré l'heure tardive, à discuter, boire et nous raconter des conneries…Genre : " ça vous est jamais arrivé que votre mère vous appelle quand vous êtes en train de vous branler ? Vous avez la bonne pioche, et hop, drrrring, salut maman! "


 

Mercredi 28 août : LES MASKS

Hier avant d'aller nous coucher, nous avons passablement déliré sur le futur concert du 4 octobre à l'Amalgame. Iscariote n'étaient pas très chauds pour faire cette date, au début, pour plusieurs raisons. La première, c'est qu'ils n'apprécient pas de faire des concerts à Yverdon, parce que c'est leur ville, contrairement aux groupes d'Yverdon. La seconde, c'est que le comité de l'Amalgame était à ce moment-là composé d'une belle brochette de connards. La troisième, c'est qu'ils avaient eu l'envie d'organiser ce concert avec Knut et Nostromo pour faire des thunes, et que pour finir, c'est Reno qui l'organise, avec encore Kruger en plus, et donc Iscariote se retrouvent en première partie. En discutant de tout ça, ils se disent que pour finir, ce serait une bonne idée de faire un concert qui déchire et là, l'imagination de 5 mecs se déchaîne, et on trouve une série d'idées de malades pour cette date. Je n'ai pas assez de place ici, mais franchement, je recommande à tout le monde de venir voir cette tuerie. Iscariote sont allés acheter des masques de catcheurs qui tuent, ils vont être en costards et ce sera grand. Pour parler de la journée, nous nous sommes réveillés super tard et nous sommes allés faire du shopping dans une rue pleine de magasins hallucinants, avec une foule de teens, puis nous sommes allés visiter un temple...


...et nous sommes retournés chez Tetsu. Là, nous nous sommes enfilés des bières et nous avons mis au point toute la soirée, discutant du moindre détail et riant comme des malades. Nous avons fait une série de photos de groupe qui vont juste faire de Iscariote.net un site culte…Les 4 gaillards, à poils, avec leurs masques de catcheurs, prenant la pose dans le grenier de Tetsu. Je jure de ne pas en parler, et j'espère sérieusement que tout se passera bien, parce que ce qu'ils ont prévu fera date…L'excitation est monstrueuse, d'ailleurs il nous faut à tous un long moment avant de dormir...

 


 

Jeudi 29 août :US GO HOME - PUMPKIN YOKOSUKA

Yokosuka n'est pas loin de Tokyo, nous pouvons donc dormir longtemps avant de partir et lorsque Dai et Naka viennent nous prendre, il y a 4 catcheurs masqués qui les attendent. Gros éclats de rire, et nous démarrons. Une heure plus tard, nous sommes arrivés, et nous sommes ébahis de voir à côté du club un temple dédié aux enfants avortés, orné aux frontons d'une swastika! Mélange bien bizarre pour nous autres occidentaux, chez qui cette croix évoque la croix gammée si connotée. Autre surprise, en entrant dans la ville, nous voyons d'abord le port rempli de bateaux de guerre…qui doivent être américains, car la ville est remplie de G.I. en vadrouille. Cette engeance est partout, traînant en petits groupes de 4 ou 5 connards. Leur attitude est méprisable, surtout le soir, quand ils se promènent avec des putes de 3 têtes de moins qu'eux en faisant des gags super forts. Ils sont tellement dominateurs, c'est une honte. Nous réagissons tous de manière épidermique, l'envie de poser des bombes et d'en tuer quelques-uns traversera l'esprit de chacun d'entre nous au moins une fois dans la soirée. Bref…

Les soundchecks sont rapidement exécutés, vu que la salle a une sono vraiment limitée, 2 mics pour Mike et un pour Fafa, autant dire que c'est un son de répète qu'il y aura ce soir. Pourtant, comme d'habitude, Ogawa fait des miracles. Nous partons manger et nous choisissons un resto spécialisé dans les tempuras, dont le nom est le Tenya, ce qui, je pense doit avoir une autre signification en japonais…Nous nous gavons, et retournons au club, mais j'ai le temps d'aller checker un peu les magasins et je trouve un kimono pour Magda. Quand je lui dis que je ne suis pas américain, mais suisse, le visage la petite vieille qui tient l'échoppe s'éclaire, elle me dit " melci " et commence à compter en français. Je la remercie beaucoup, et lui demande si je peux la prendre en photo. Elle me remercie de nouveau, réarrange sa coiffure, change de lunettes, suspend ses plus beaux kimonos derrière elle et prends une pose très digne. Une vraie princesse, très fière, comme le japon. Si cette photo est réussie, elle contiendra tout l'essentiel de l'âme de ce pays.

Dans le club, il y a une puissante odeur de pisse et un taux d'humidité avoisinant les 100%, ce qui n'augure rien de bon pour les concerts, qui vont en effet s'avérés être très rudes. Les 3 groupes de première partie sont des caricatures, et c'est assez cool. Un groupe de noise avec un matos impressionnant, mais qui ne fait que du bruit, rigolo mais chiant à la longue; un groupe de punkhardcore très bons techniciens, mais vu 1000 fois, et un groupe de power violence à mourir de rire avec un chanteur d'1 mètre 40!


ENVY balancent un bon set, peut-être un peu brouillon mais très énergique et énervé. En tout cas plus que ce que j'avais vu jusqu'alors. Nobu jette même sa gratte à un moment donné, et les autres sont comme électrisés.


ISCARIOTE viennent ensuite et jettent à la gueule du public leur set le plus brutal qu'ils aient fait jusque là. Une folie furieuse, prétéritant un peu la précision, mais qui laisse pantois l'audience passablement clairsemée. Plusieurs fois, un des instruments manque de peu un des membres du groupe, et c'est un miracle qu'il n'y ait pas eu de blessures plus sérieuses que les doigts de Bastien ce soir là. 2 cordes cassées (dont une qu'il éclate en l'arrachant et dont un morceau vient percuter ma lèvre avec force!!) pour Bastien et une pour Joel, et un concert d'applaudissements ponctuent ce set dangereux. Persuadés que le public n'a vu, comme eux, que leur fautes, les garçons sont un peu tristes, et sont désarçonnés quand les gens, plus qu'ailleurs, viennent les féliciter et les remercier pour cette performance.

 

De mon côté, j'ai rapidement remarqué que ce soir, ils avaient la rage, et avec l'humidité ambiante qui les rend brillants de sueur, je trouve des conditions parfaites pour faire un max de photos. Je shoot plus d'une quarantaine de fois, et j'espère qu'elles seront bien au développement… Au moment de partir, nous voyons un attroupement de Yankees devant une voiture défoncée… A voir les impacts, ce n'est pas un accident, et nous sommes ravis de voir leur abattement! Nous sommes de cruels petits coquins, et j'espère que ce sont des GI, en les voyants sortir une batterie de la voiture et l'amener dans le club… Si vous n'êtes pas des enculés dominateurs, mais un groupe cool, désolé les mecs, vous avez toute ma sympathie a posteriori… Sinon, allez vous faire foutre, et quittez le pays où vous n'êtes pas les bienvenues.

Nous rentrons directement chez Tetsu, mangeons un truc et allons nous coucher.


 

vendredi 30 aout: SENDAI : BIRDLAND " On vous aime !!!! "

Sendai est à 4-5 heures de route de Tokyo, aussi devons-nous nous lever vers 10h00, pour tailler la route assez tôt, mais c'est peine perdue, car nous perdons presque 2 heures dans des bouchons avant même de sortir de Tokyo. Il fait une chaleur étouffante, et tout le monde en profite pour verser, sauf le chauffeur et votre serviteur, trop occupé à relater l'invasion helvète que subit le Japon durant cet été 2002.
La route, rallongée de ces 2 heures, semblera interminable…Vers la fin, nous traversons ce qui semble être une petite Suisse…
L'autoroute traverse des montagnes…La végétation, les champs, les petits villages, même les vaches, tout ressemble beaucoup à notre jura, ne seraient-ce des rizières en terrasses, éparpillées de ci, de là…C'est très joli, et, suivant les indicateurs, il fait 12°C de moins qu'à Tokyo. Nous arrivons à Sendai et faisons les checks rapidement avant d'aller manger un morceau dans un sushi-bar. Pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un tapis roulant, autour duquel sont placées de petites tables. Sur le tapis, défilent de petites assiettes de couleurs différentes, avec chaque fois 3-4 sushis. On se sert, on empile les assiettes et on paye à la sortie, chaques couleurs correspondant à un prix. En europe, en se laissant prendre au jeu, on peut payer une fortune, mais ici, à 1.20 CHF l'assiette, c'est une bouffe de rois que nous faisons pour 12.- CHF…

Nous retournons au club, et nous sommes surpris par les 2 premiers groupes, le premier, RISE AND FALL, d'excellente facture, et le deuxième, THE END, absolument génial! Un croisement énervé et super inventif entre Shotmaker et Drive Like Jehu. Ban-dant !!
Je shoot pas mal, alors que les deux guitaristes cassent leurs sangles et se retrouvent à genoux. Fafa prends contact avec eux, alors prions tous pour qu'ils sortent un split dans la série…Ils vont d'ailleurs bientôt rentrer en studio, chouette!
!


ISCARIOTE viennent ensuite, et en toute logique, balancent un set encore meilleur que celui d'hier. Les gens gueulent, Fafa casse un micro, Bastien une corde, et Joel sa gratte! Le show est brutal, et Fafa se ramasse un coup de basse sur la tronche, qui le laissera sanguinolant le reste du concert, et avec une belle bosse le reste de la soirée…Je shoot à tout vas, malgré l'humidité ambiante qui ne me laisse que 2 secondes pour ajuster, avant que mes lunettes ne se remplissent de buée!! Je finis le concert à torse nu, ce qui est plutôt inhabituel pour qui connaît votre serviteur, plutôt enclin à rester prude…


ENVY font un superbe show ensuite, mais je n'ai plus la force, et passe la plupart du temps assis au stand merch, à tenter avec Iscariote de reprendre notre souffle. Comme je m'y attendais, les gens attendent la fin pour prendre le stand d'assaut et nous nous retrouvons devant plein de petites Japonaises qui se cassent les reins, toutes rougissantes, pour les remercier. C'est hallucinnannnnt, mais ils sont surtout charmés par un petit ange prénommé ONO, qui tente de parler avec le groupe en anglais, et qui conquiert absolument tous les cœurs.

Les gars de THE END passent aussi un moment avec nous, et c'est très chaleureux. Il y a une sincérité, une joie, une chaleur, une envie d'être gentil que tout le groupe trouve formidable. Nous leur disons au revoir avec un gros pincement au cœur, et leur promettons de revenir. SENDAI MON AMOUR !!!
Le retour s'annonce très long…Nous partons sous la pluie, vers minuit, et arriverons à Tokyo vers les 5 heures du matin, au moment où le soleil se lève. Dans le bus où je suis, tout le monde tente de dormir, mais personne n'y arrive, et c'est avec une puissante envie de vomir que pour finir, je me force à rester éveillé…McClusky à fond m'aide à émerger. En arrivant à Tokyo, nous avons une vision délirante de la ville sous le soleil levant et nous shootons comme des malades par les fenêtres, qui des grattes-ciels, qui des pubs de 14 étages, qui les autoroutes à 3 étages dont les entrelacs laissent pantois. Le paysage urbain dans toute sa splendeur. Nous arrivons chez Tetsu et versons super vite. C'est qu'il y a un concert, et les soundchecks sont à 13 heures, soit 5 heures plus tard…


 


samedi 31 Août: The Day After " ANTIKNOCK-SHINJUKU "

Le réveil est pénible, et comme nous devons encore préparer nos affaires pour être prêts à partir, nous nous levons vers 10 heures. Nous rangeons, et emballons, en discutant comment nous allons nous répartir le stock restant de disques et de t-shirts, histoire de tenter de feinter la douane suisse…
Puis nous embarquons pour Shinjuku, le centre de Tokyo, à une heure de route de chez Tetsu. La soirée s'annonce fameuse, avec NINE DAYS WONDER, KULARA, et THERE IS A LIGHT THAT NEVER GOES OUT. Tous ces groupes étant super bons, c'est un honneur impressionnant de jouer en tête d'affiche pour les gaillards. Les checks sont vite loin, et nous allons manger dans un resto juste à côté, non sans avoir fait un ultime passage dans un mag d'instruments de musique, celui-là nettement plus gros et plus impressionnant que les autres. Un étage entier pour les basses et les amplis basse, wouaouw !
Nous retournons ensuite au club, où commence une file, petite au départ, mais qui deviendra passablement impressionnante juste avant l'ouverture des portes…Les concerts s'enchaînent, mais je ne peux, hélas, que voir 3 songs de NINE DAYS WONDER, et le concert d'Iscariote, parce que la salle est pleine à craquer de 200 à 300 personnes et totalement surchauffée, et je dois en plus m'occuper du stand, qui est dans le couloir.

NINE DAYS WONDER, pour ce que j'en ai vu, est un groupe impressionnant, peut-être le plus assuré, et le plus pro, après ENVY, sur cette tournée. Un clavier, basse / batterie et deux guitares pour 2 chanteurs et une aisance de vieux routards qui savent où ils tapent. Leur rock est souple, mais nerveux, et c'est vraiment un délice. Je danse comme un petit fou en prenant plein de photos, puis retourne bosser, en me faisant monstre engueuler par Mike qui me remplaçait qui n'a rien vu du concert. Bon prince, je ne le frappe pas trop pour son impudence, et trouve un ricain qui a tout enregistré sur vidéo et qui acceptera de m'en envoyer une copie..

Le concert d'ENVY qui suit, pour la première fois de tournée, je n'en verrai pas une seule seconde, trop occupé à discuter avec une fille qui, je crois, doit être la copine d'un des NINE DAYS WONDER, qui assure en anglais. Je ne me rappelle plus son nom, et comme je n'ai pas pris son email, si jamais tu lis ça, tu peux m'écrire ICI. On parle de la Suisse, de l'Europe, de nos jobs, de musique. Elle est très intéressée par tout et pose plein de questions. Elle veut absolument voir les gamins, c'est comme cela que je rate le début du concert, jusqu'à ce que Tetsu retrouve assez son souffle pour reprendre la baraque.
Je pars alors shooter ce qui semble être une catastrophe. Bastien casse trois cordes durant le concert, Mike doit finir par virer son stand de caisse claire et se lever en faisant des signes pour que finalement on lui en amène un, le mec de la salle n'ayant décidé de ne s'occuper que des micros, l'enflure. En plus, il arrêtait pas de me pousser…Et Fafa gerbe sur scène, ceci à cause de la pression qu'il faut exercer pour tenir ce genre de voix…Ils sont par contre de nouveau déchaînés, mais j'ai l'impression, (et eux aussi) qu'ils passent aujourd'hui à côté de leur concert…C'est la seconde fois, et c'est de nouveau à Tokyo. Mais le public n'est pas de cet avis, et sont, je pense surtout conquis par l'énergie, car ils moshent comment des fous, et viennent faire des courbettes dès la fin.


La fin de leur concert est aussi la fin de la soirée à l'Antiknock-club et nous sortons tous dans un resto faire la fête. Je croise en sortant l'américain qui a filmé, et lui dis qu'avec la vidéo, il faudra aussi qu'il m'envoie son adresse où je pourrai lui filer de la thune, pour payer les timbres et la K7, mais il me dit qu'un T-shirt irait bien aussi. Je lui demande s'il aime le Suisse avec la croix à l'envers, mais il me répond…: "Heu…So so…I am a Christian, you know ? " et je suis obligé de me mordre pour ne pas rire, quelle gaffe !


Nous allons tous dans un superbe resto ensuite, avec une immense salle dans la cave, et Nobu nous explique qu'ils ont passé une grosse commande, et et que nous pouvons boire et manger tout ce que nous pouvons pendant 2 heures, mais seulement dès son signal…Nous attendons juste un peu, nous commençons alors à boire, peut-être un peu trop, trop vite… Lorsque les premiers plateaux de nourriture arrivent, nous sommes 25 à nous jeter dessus, et il n'en reste tout de suite plus rien. C'est alors que la panique nous gagne, parce que ce que nous avons eu est vraiment insuffisant, et il est peut-être trop tard pour aller chez l'Arabe du coin. Nous continuons malgré tout à boire, en nous disant que c'était bientôt fini et que c'était la dernière fois qu'on pouvait le faire avec eux… C'est un peu plus tard que 2 séries de plats chauds sont arrivées, nous sauvant, Mike et moi, du sort qui fût ce soir là, celui du pauvre Joel. Pensant que nous allions nous en mettre plein la panse, il avait en effet pas mal bu. Et quand les plateaux sont arrivés, ben rien n'était prévu pour les végétariens… En demandant à Tetsu, il a obtenu une assiette d'un pudding aux patates vertes qui ne ressemblait à rien, mais jusque là, il a bu. Alors que nous mangions, ce qui explique le décalage…
Nous, nous mangions et déconnions avec ENVY, conscients que dans 3-4 heures, on devrait se dire au revoir, et que c'étaient là nos derniers instants ensemble. Nous avions envie de manger ce temps là, et nous avons beaucoup parlé Mike et moi de musique avec Tobi, d'All Tomorrow's Parties et des groupes que nous aimons. Joel, lui, nous surpris. Alors que nous finissions de passer les 2 heures là-bas, il a viré au gris, et est sorti 2 fois pour aller aux chiottes, puis une troisième fois, mais cette fois, il n'est pas revenu. Nous avons fini dans le resto et sommes tous sortis. Et c'est là que Joel nous attendait, recroquevillé contre le mur, juste à côté de l'entrée, ayant déjà un peu vomi. Presque tous les Japonais l'entourèrent alors en chantant à tue-tête et en claquant des mains, alors que nous étions morts de rire et que nous prenions plein de photos. Nous l'avons transporté jusqu'au bus, l'avons couché dans celui de Tetsu, puis sommes rentrés dormir.

 


 

dimanche 1er septembre: " C'est twist, mais c'est la vie, c'est comme ça… "

Enfin presque…Ce fût une nuit d'une heure et demi, autant dire presque rien. C'est donc avec la monstre tête dans le cul que nous nous sommes tous réveillés et avons sorti nos affaires le lendemain.. La tête de Joel était un exemple à montrer aux gosses pour éviter qu'ils ne se saoûlent plus tard.
Alors que nous avions sorti toutes nos affaires, nous avons remarqué que Tetsu ne s'était pas réveillé, et avons demandé à son père s'il pouvait le faire, puis sommes partis avec une heure de retard. Nous sommes finalement arrivés très tard à l'aéroport, mais juste à temps pour que tout se passe bien. Nous avons fait les check-in, pu prendre sans trop de problèmes nos bagages avec nous, puis nous avons dû nous résoudre à leur dire au revoir. Ce fût une embrassade générale, et quelques photos de groupes avec les 9 membres et Ogawa.

 

Ensuite nous avons passé la douane, et c'en était fini.
Quelle tristesse et quelle rapidité. Je pense que tous, nous aurions voulu prolonger ce moment, mais les avions n'attendent pas. Par contre, ils partent en retard, et c'est avec une demi-heure de retard sur l'horaire que nous sommes partis. Le voyage se passe assez bien, avec quelques perturbations lorsque nous traversons un typhon, sur la mer de chine. Sinon, le temps est gris sur la Russie, et j'en profite pour dormir presque un tiers du trajet. Comme nous remontons les fuseaux horaires, nous allons arriver à 17 heures alors que nous sommes partis à 12 heures et avons fait un trajet de 11 heures. Bientôt l'atterrissage et ce sera la fin de ce trip de 2 semaines, avec toutes ses histoires, ses engueulades et ses rires, les concerts, les voyages, la fatigue, Envy et ses membres tellement adorables, tous les autres groupes et les gens des clubs, ceux qui sont venus nous voir, toutes ces villes…
Putain, quelle aventure! Heureusement que je l'ai écrite, parce que je ne m'en rappellerai plus qu'à travers certains flashs. Maintenant, il me tarde de revoir Magda…

Et je pleure en relisant ces lignes…

 

SAYONARA & ARIGATOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!